Le nez au vent #1

Pour ce premier épisode du Nez au vent : le Musée François Tillequin, la Cuisine de Philippe et ses soufflés, Astier de Villatte, Iunx et Lubin.

 renard reniflant une fleur

Quand je discute avec des nez-ophytes de l’entraînement de l’odorat, je conseille toujours de sentir le plus de choses possibles. Parce que oui, l’odorat est comme un muscle, et plus on l’utilise, plus il se développe. Et aussi parce que plus on sent de choses, plus on a de références ensuite pour décrypter et verbaliser ce que l’on sent dans un parfum. C’est pourquoi, comme tous les perfumistas que je connais, je fais souvent des balades pour sniffer plein de choses. Et souvent, en groupe! Parce que là encore verbaliser et comparer nos ressentis à plusieurs est très éducatif! D’ailleurs vous reconnaîtrez facilement des perfumistas en goguette car ils se reniflent les uns les autres !

Bref cette nouvelle rubrique, le Nez au vent, a pour but de vous faire partager mes promenades parfumées, et, pour joindre l’utile à l’agréable, de vous donner des bonnes adresses parfumées (ou pas!). La première étape de cet épisode est le Musée François Tillequin. Ce n’est en fait pas vraiment un musée, mais plutôt une collection privée de la faculté de pharmacie de Paris. Il n’est donc pas ouvert au public, et c’est grâce à l’entremise de mon ami Olivier que j’ai pu, avec d’autres perfumistas (incluant mon amie Anne-Claire ^^), avoir le plaisir de découvrir les merveilles que recèle cette collection (et de faire de jolies rencontres par la même occasion, les gents parfumés étant la plupart du temps fort agréables).

Pourquoi cette collection intéresse tant nos nez? Il n’y a rien à sentir en fait, mais c’est une collection de matières végétales, minérales et animales à destination de la pharmacopée. Et de fait on y trouve beaucoup de matières premières utilisées en parfumerie. Mais heureusement Olivier avait apporté ses fiolettes magiques (aka la boîte à doudous ^^) et nous avons eu notre content de touches à sniffer!

Une fois cette charmante visite terminée, une partie de notre groupe est partie se restaurer dans un petit restaurant proche du Luxembourg, la Cuisine de Philippe. C’est de la cuisine de terroir, avec une carte ultra-courte et des plats ultra-frais, et une spécialité de soufflés. Je garde d’ailleurs un très gourmand souvenir du soufflé à la rhubarbe en dessert! Si je parle d’un restaurant c’est tout simplement car l’odorat participe au goût! Sans lui nous n’aurions que les saveurs reconnues par les papilles sur la langue (salé, sucré, acide, amer, umami). C’est lui qui donne ce qu’on appelle la flaveur, par le système qu’on appelle la rétro-olfaction : les molécules odorantes de ce que l’on avale arrivent aux récepteurs olfactifs par l’arrière des voies nasales. C’est pourquoi les personnes qui perdent l’odorant perdent en même temps une grande partie du goût (rappelez vous votre dernier gros rhume, quand la nourriture n’avait plus de goût? Ben c’est ça).

La Cuisine de Philippe, 25 Rue Servandoni, 75006 Paris, 01 43 29 76 37

 Une fois rassasiés, nous avons fait une halte chez Astier de Villatte, à la base pour (re)sentir les parfums de Pierre Bourdon, qui a priori ne sont vendus qu’ici à Paris. C’est le nez derrière Kouros, Dolce Vita, Iris poudre ou encore French lover. Moi j’ai plutôt (re)mis le nez dans les bougies, en me retenant très très fort de craquer pour Mantes la Jolie, une très belle bougie à la menthe. Bon j’ai déjà Delphes et Faubourg Saint Honoré à la maison (et accessoirement 5 ans de stock de bougies hem)… Bref on a convenu avec mes co-perfumistas que j’avais le droit de la prendre quand j’aurais fini une bougie.

Astier de Villatte, 16 Rue de Tournon, 75006 Paris

Ensuite, nous traversons le rue de Tournon pour une visite chez Iunx, la marque de parfums d’Olivia Giacobetti. Je vous en reparlerai plus en détail une prochaine fois, la marque et la boutique valent le détour. Un système original de diffusion dans des cônes en papier permet de sentir les parfums, la diffusion se déclenchant quand on met le nez devant! Les bougies de la marque sont également très jolies, et pour le mois de mai Iunx sort d’ailleurs une très jolie édition au muguet (oui aux épices de Noël ça aurait été bizarre!).

boutique iunx intérieur

Iunx, 13 Rue de Tournon, 75006 Paris

 Après un léger crochet chez Ho my cream qui était sur le chemin (pour voir s’ils avaient la nouvelle pâte lavante au rhassoul et à la rose Christophe Robin, mais non chou blanc), toute la troupe restante s’est translatée chez Lubin pour sentir le nouveau parfum, Epidor (et faire coucou à Philippe aussi, qui tient la boutique). Je ne l’ai pas encore assez senti pour en parler (Epidor hein, pas Philippe!), mais c’est la réédition d’une ancienne référence du même nom, qui évoque les moissons, le blé, les jeunes filles, toussa (la critique sur Au Parfum pour les impatients). Car Lubin est une marque très ancienne, ressuscitée il y a quelques années par Gilles Thévenin. Et finalement, incorrigible que je suis, je suis repartie avec la bougie Baies du Korrigan, avec sa note grinçante de genièvre.

Devanture boutique Lubin
2 perfumistas se cachent sur cette photo sauras-tu les retrouver?

Lubin, 21 Rue des Canettes, 75006 Paris

Voila ce premier épisode du Nez au vent est fini, j’espère que ça vous a intéressé :). Si vous avez des questions n’hésitez pas!

One thought on “Le nez au vent #1

  1. Hello Marie,
    désolée de ne pas avoir pu être des vôtres !
    Je ne connais pas la Cuisine de Philippe, la prochaine fois que je vais à la fac de pharmacie j’y penserai pour mon déjeuner …
    J’ai senti Epidor, comme évocation des moissons ce n’est pas exactement ça, on va dire qu’on est plus sur la jeune fille qui joue à la fermière, mais il n’est pas mal …
    Bises et au plaisir de lire une autre ballade parfumée !

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