Parfums des cosmétiques : comment ça marche?

Retour sur une conférence de la Société Française de Cosmétologie sur le thème « Emotions et expérimentation en parfum, cosmétique et maquillage ».

Vous qui êtes comme moi, accro aux cosmétiques, n’avez vous jamais eu envie d’être une petite souris pour voir comment cela se passait de l’autre côté du miroir? Comment nos produits chéris sont pensés, imaginés, réfléchis? Grâce aux conférences de la Société Française de Cosmétologie*, à certaines desquelles j’ai pu assister grâce à So, j’ai pu soulever un petit coin du rideau et découvrir quelques uns des secrets de cette industrie passionnante, en compagnie de La journaliste (Anne de son prénom).

La dernière conférence en date était intitulée « Emotions et expérimentation en parfum, cosmétique et maquillage ». En bref, comment les parfums des cosmétiques influent sur nous, les consommateurs. Cette conférence était animée en duo par Arnaud Aubert (Université François-Rabelais de Tours) et Patrice Bellon (Symrise) et a donc abordé l’aromachologie. L’aromachologie c’est quoi? C’est la psychologie des parfums, c’est-à-dire l’étude des effets d’un parfum sur le cerveau, sur les émotions.

Conférence SFC parfums

La question que se posent les professionnel de la cosmétiques, c’est comment influer sur le consommateur qui utilise des cosmétiques. Attention on parle d’influer sur, pas de manipuler. Personne ne peut vous obliger à faire quoi que ce soit, c’est toujours vous qui avez le choix final. Je trouve que cette crème sent bon, ce qui me fait l’acheter. Le parfum de la crème a influencé mon choix, mais ce n’est pas la marque qui a fait le code de carte bleue. Comprenez? C’est par exemple, cette crème raffermissante, quel parfum lui associer? Là on choisira une fragrance plutôt tonique, que l’individu associe au tonus, à l’énergie, etc. Et la difficulté est là, car même si certaines odeurs ont une « identité psychologique » assez universelle et internationale, pour la plupart la perception et les émotions associées à une odeur dépendent de l’individu. Exemple : on associe souvent le parfum de lavande à un effet relaxant. Or je DETESTE le parfum de lavande, donc ça n’aura pas du tout un effet relaxant sur moi. Les émotions produites par les parfums chez un individu dépendent de son âge, de son sexe (les femmes sont plus sensibles aux parfums), de sa culture (selon le pays/la culture une même odeur n’est pas connotée pareil) et de son vécu. Il est donc difficile de prévoir à l’avance l’effet des fragrances.

Et la deuxième question arrive : c’est bien beau de dire que les parfums provoquent des émotions, mais comment mesurer l’effet réel d’un parfum chez un individu? En fait on ne peut pas mesurer directement une émotion, c’est un phénomène trop complexe. On va donc mesurer des paramètres qui vont permettre de « conclure » à une émotion. La mesure de ces paramètres doit également être reproductible, c’est-à-dire que la même mesure doit toujours vouloir dire la même chose, pour être utilisable. Ces variables sont classées en 3 composantes : comportementale, viscérale et subjective.

Mesurer une émotion

La composante comportementale est étudiée grâce à l’analyse comportementale : posture, gestuelle, expressions faciales (souvent très révélatrices, remember Lie to me!), actes spécifiques (comme l’acte d’acheter), l’expression vocale des émotions (qui analyse le spectre énergétique cérébral, qui est semblable selon les émotions même si l’expression verbale est différente) et les mouvements du regard. La composante viscérale est la plus facile à mesurer puisqu’elle se base sur des paramètres physiologiques comme la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire, la température de la peau, etc. Ce sont les mesures qui permettent la mention « scientifiquement prouvé » sur un produit. Par exemple un parfum tonifiant augmentera la fréquence cardiaque. La composante subjective est étudiée en faisant s’exprimer les gens, via des questionnaires, des pannels de consommateurs voire des questions sur les réseaux sociaux.

Le plus important c’est qu’il doit y avoir convergence des 3 composantes (sinon y a comme qui dirait un problème).

Bref les professionnels des cosmétiques décortiquent ce que les parfums provoquent en nous, afin d’affiner au mieux l’identité olfactive d’un produit. J’espère que j’ai été assez claire, cette présentation était tellement riche et dense que j’ai l’impression d’être un peu confuse. N’hésitez pas si vous avez des questions j’essayerai d’éclaircir certains points au besoin.

En tout cas cette conférence était passionnante, et chapeau à Arnaud Aubert qui a quand même réussi à caser dans sa présentation Star Trek, E.T. et le chat Potté de Shrek (si si!). Merci beaucoup à la SFC et sa présidente, Claudie Willemin de nous avoir permis d’y assister (et à So de m’avoir invité 😉 ).

* La Société Française de Cosmétologie est une association à but non lucratif fondée en fondée en mars 1951. Comme son nom l’indique elle regroupe les professionnels de la cosmétologie, dans toute la variété de leurs profils. Ses missions : diffuser les connaissances relatives aux sciences biologiques et chimiques et rassembler les membres de différents horizons : chimistes, biologistes, dermatologues, toxicologues, parfumeurs, etc.

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